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Research practice based in Paris, and Sydney
Reflections on art, architecture and public space

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LA CLARTÉ DU LABYRINTHE Pierre Labat (1977, Auray) avait déjà amorcé une réflexion sur le thème du labyrinthe avec la pièce Pinball Cyclo, 2005-2006 (pièce originale : plywood, acrylic, doors - 250 x 582 x 98 cm) lors de lexposition Anthony Duchêne - Pierre Labat, Astérides - Friche la Belle de mai Marseille. Sans vraiment réactiver lexposition passée, la mémoire de cette pièce demeure, et il propose pour la galerie des grands bains douches de la Plaine une nouvelle interprétation en lien avec lespace de lexposition. Il présente spécialement pour cette exposition l'installation Heat and dust, 2010. « Il s'agit de deux parois découpées dans le sens de la diagonale, et écartées pour créer un espace. Le principe est que "théoriquement", de chaque côté que l'on regarde, dans un monde sans perspective, le volume est plein. De plus, à l'intérieur, qui est donc toujours ouvert, le spectateur est toujours visible, mais toujours en partie. Ce mode de fonctionnement relève de certaines de mes conceptions du labyrinthe qui sont que: - un labyrinthe n'est pas fermé, il est toujours ouvert. Il n'existe que par le fait que l'on puisse se déplacer dedans et autour, et avec cette idée ou promesse que l'on puisse en sortir. Un labyrinthe sans sortie n'est pas un labyrinthe. - un labyrinthe se nourrit de lui- même; par exemple, il se développe de façon fractale ou a une constitution/construction qui lui permet de s'étendre; en cela, il rejoint le motif. C'est une sorte de parthénogenèse. Mon projet "attrape" ces deux idées. Il se divise pour être espace, autant vide que plein, mais peu lui importe, car il cache et montre assez. » Pierre Labat, février 2010.
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Dans la continuité de labsence des formes, certaines de ses pièces évoquent la disparition des corps. Un spectateur qui marche sur la pièce Planica de 2009 semble ne plus être soumis à la gravité. Sil na plus de poids, sa lévitation ou disparition est imminente. La pièce Dum-dum de 2008 suggère une sortie hors de la salle dexposition. La pièce « ~ » de 2008 semble « sortir » par un entrebâillement de la fenêtre, et nous « fuyons » furtivement mentalement lors de son appréhension, avant de poursuivre notre parcours dans lespace réel de lexposition. On comprend lintérêt de Pierre Labat pour les films de science-fiction, en particulier le film Star gate I dans lequel on peut passer à travers un miroir deau. Dans la pièce présentée dans le cadre de « La clarté du labyrinthe », les deux plans pliés définissent un volume cubique virtuel, en jouant comme lexplique Pierre Labat sur lambiguïté de louverture/fermeture de ce volume. Ces deux pièces semblent également se répondre lune lautre comme deux pièces complémentaires, avec la même diagonale. Or il nen est rien. Cette configuration minimale nous bouscule dans nos représentations mentales.
Par un unique espace, clos, Pierre Labat crée une sensation de labyrinthe en jouant avec notre représentation visuelle et mentale des lieux. Et cette représentation, même lorsque lon sort du dispositif, nest jamais « synthétisée », « achevée », « unitaire ». Lespace reste en crise dune certaine manière. Serguei Eisenstein, dans « Rodin et Rilke Pour une histoire du "problème de lespace" dans lhistoire de lart » , analyse les sculptures remarquables de Picasso ou Tatlin comme relevant dune problématique du concave et du convexe, comme une imbrication à distance dune architecture-sculpture et du paysage- espace dexposition. Eisenstein parle d « empreinte », de « contre-volume comme berceau de notre activité créatrice ». Les pièces sont en lieu avec les formes du lieu dexposition, mais au lieu den être un négatif ou une empreinte, les « ouvrent ». Ici se trouve une spécificité : cette recherche dun dialogue formel avec lespace dexposition, est aussi un dialogue avec une forme absente, virtuelle. Pinball Cyclo a été dessiné comme un négatif de trois cercles ou cylindres, comme lempreinte de ces formes. La phénoménologie de la présence des plans se couple donc à une phénoménologie de labsence des cylindres.
Les installations de Pierre Labat sinscrivent dans lhéritage de lart minimal par leur forme, sont en lien subtil avec lenvironnement de lespace dexposition, et pourtant ce nest pas dune phénoménologie de la présence des plans quelles relèvent, au sens où lon peut la décrire en référence aux sculptures de Richard Serra (R. Strauss). Les parois de Pinball Cyclo, 2005- 2006 ne jouent pas tant sur le corps du spectateur par leur présence, mais surtout joue avec ses images mentales, par la configuration quelles proposent. Lorsque lon rentre par une des portes, la forme concave des parois cache les deux autres sorties, ce qui crée une légère désorientation et incompréhension.
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Pinball Cyclo, 2005- 2006 (pièce originale : plywood, acrylic, doors - 250 x 582 x 98 cm)